La loi du 11 février 2005 souligne un point important en terme d'emploi et d'accès à l'emploi : une personne en situation de handicap ne demande pas à bénéficier de droits supplémentaires mais doit avoir les mêmes droits que les autres.
L'objectif du Ministère de la Justice est donc de permettre aux personnes en situation de handicap d'accéder à un emploi qui corresponde à leurs compétences et d'avoir un parcours de carrière similaire à celui de tout autre agent du Ministère.
Philippe Guittard, dont le bureau gère au Ministère de la Justice les questions de recrutement et de formation, dresse un bilan plutôt encourageant de l'emploi des personnes en situation de handicap au sein du Ministère. Grâce au dispositif légal et aux actions de formation et d'information mis en place, l'emploi d'une personne handicapée n'est plus vécu comme un acte de charité mais comme un véritable acte de ressources humaines.
Il ne s'agit plus aujourd'hui d'employer des personnes handicapées à des postes réservés mais d'atteindre l'objectif fixé par la loi, l'emploi de 6% de personnes handicapées. Ces postes doivent correspondre à leurs compétences. L'administration dispose aujourd'hui de plusieurs voies de recrutement :
- Par concours : les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier d'aménagements correspondant à leur handicap (aménagements horaires ou matériels).
- Par la voie directe : les cours d'Appel qui ont un besoin en terme de recrutement peuvent se mettre en relation directement avec les Cap Emploi, agences pour l'emploi spécialisées sur les questions de handicap. L'emploi d'une personne intervient alors de façon classique après choix sur CV et entretien. L'emploi définitif est effectif après un an de stage comme pour tout autre agent recruté par cette voie.
Si le dispositif légal apporte des garanties suffisantes à ce jour, la formation et une politique de recrutement réussie permettent de faire évoluer les mentalités et de lever peu à peu les résistances suscitées par l'emploi de personnes en situation de handicap.
Les exemples de Sandrine Dores et de Dominique Gilbert employés respectivement à la Dage et à la Protection judiciaire de la Jeunesse, illustrent la réussite de cette nouvelle politique de recrutement.